26/10/2016 – 27/10/2016 – Dîner à Reykjavik

La vie est très chère en Islande et la nourriture est loin d’être une exception.

Malgré tout, durant mon séjour, je décide d’aller dîner dans des restaurants classés dans le top TripAdvisor. Ces restaurants sont assez réputés et bien recommandés.

Le soir du 26/10/2016, je me rends chez Harry’s. Le restaurant est localisé dans la rue principale du centre-ville de Reykjavik, Laugavegur. Le restaurant dégage une ambiance intéressante. J’obtiens une table par chance malgré le faible nombre de tables.

Ce soir c’est poisson ! Je commande le haddock en sauce accompagné de ses pommes de terre. C’est succulent, vraiment et je ne manque pas de le dire au personnel ravi. Le service est impeccable et digne d’un restaurant chic.

Le lendemain, le soir du 27/10/2016, je me décide à aller manger au numéro 73 de la fameuse rue. C’est aussi le nom du restaurant : 73.

L’envie me prend de choisir du poisson à nouveau. Le 73 propose un choix très varié de bières islandaises pour accompagner ses plats. Mon choix se porte sur un pavé de saumon accompagné de petits légumes. Le plat est tout aussi délicieux que celui de la veille.

Étant seul à ma table, mes oreilles se dressent et picorent dans les conversations à droite à gauche. À la table de droite, trois jeunes personnes dînent : Deux amies norvégiennes et un Suédois mangent ensemble après leur rencontre au Hlemmur Square. Ils viennent d’arriver et demandent conseil auprès d’un américain en vadrouille sur le point de quitter l’Islande le lendemain. Après le départ de ce dernier, ils m’interpellent et nous commençons à discuter. La soirée se prolongera dans plusieurs pubs autour d’un verre tous les quatre. Merci à Stine, Lisa-Maria et Anton pour ce moment.

26/10/2016 – Retour à la civilisation

Il est l’heure. Tout mon attirail est prêt. Aujourd’hui, je retourne en Islande. 🙂 Il me faut rejoindre l’aéroport de Nuuk situé à plus d’une heure de marche du centre-ville. Je demande à François de m’appeler un taxi et le quitte après des remerciements et de chaleureux adieux.

En attendant mon vol retour vers l’Islande, je prends un petit déjeuner avec mon restant de nourriture. Je dégaze mon carburant de camping dans un grand bidon d’hydrocarbures présent devant l’aéroport. C’est parti !

Le vol se déroule tranquillement dans la danse des vibrations de l’appareil et la chanson des hélices. Le temps est magnifique. Il n’y a pas un seul nuage qui cache le Groenland. Alors que nous nous éloignons de la côte ouest, on ne voit plus que du blanc, du blanc, du blanc : C’est la calotte glaciaire. Plus d’une heure a passé, voici la côte est, nous voyons la mer. Les pilotes de l’avion font une annonce en proposant aux passagers de prendre des photos tellement le temps est beau. L’ambiance est très détendue. Malgré le caractère international du vol, la cabine de pilotage est ouverte et les passagers viennent prendre des photos avec les pilotes.

Sous nos pieds, on aperçoit plusieurs glaciers. La neige de la calotte glaciaire tassée par son propre poids s’agglomère et descend vers la mer. Des blocs se détachent et s’éloignent au grès des courants marins. C’est de cette manière que sont générés les icebergs.


Me voilà arrivé à l’aéroport international Keflavik de Reyjavik. Je dois avouer que je suis très heureux de retrouver un sentiment de non-stress. Je retrouve la civilisation, la 3G gratuite. Il me faut maintenant rejoindre Reykjavik afin de commencer mon séjour dans la capitale islandaise. Le moyen le plus économique est d’utiliser les bus-navettes de la compagnie « flybus ». Grâce à la petite taille de Reykjavik et le faible nombre d’établissements hôteliers, les bus-navettes déposent les touristes au pied de leurs hôtels ou auberges de jeunesse, c’est très pratique. J’ai acheté un billet de bus-navette aller-retour car le prix est évidemment moins cher qu’à l’unité.

Après environ une heure de voyage, le bus me dépose à l’auberge de jeunesse où j’avais déjà séjourné lors de mon premier passage à Reyjavik : Hlemmur Square

25/10/2016 – Groenland, Nuuk

Get up, stand up, last day in Nuuk (*Bouge-toi, lève-toi, dernier jour à Nuuk).

Profitons de ces paysages magnifiques. Le réveil se fait en compagnie de Mickey (prononcé « Micky »), le chien des propriétaires de la maison voisine. Mickey est désormais devenu mon ami et s’assoit à côté de moi pendant le décampement.

Le programme de la journée est exclusivement basé sur la balade. Je parcours des quartiers de la ville que je n’avais pas encore eu l’occasion de visiter, notamment la partie sud.

Le soleil est en train de se coucher. Je me dirige hors de la route sur des rochers qui bordent la mer afin de prendre quelques photos du coucher du soleil sur le Groenland. En marchant, je croise un habitant qui promène son chien. Il m’interpelle en me demandant, comme à l’habitude, ce que je fais chargé d’une telle manière. Nous échangeons quelques mots en anglais. Je lui explique mon expérience en camping au Groenland. Je caresse son grand chien et m’adresse à ce dernier en français. C’est alors que mon interlocuteur, agréablement surpris, me répond dans la langue de Molière : « Ah, vous êtes Français ? » Il est Français, comme moi. Nous discutons encore un peu et François le Français m’invite à manger et passer la nuit chez lui. Intéressé par l’accueil, je réponds favorablement. Il me montre sa maison reconnaissable à ses couleurs jaune et noir. Je propose de le rejoindre après avoir pris mes quelques photos et observé le soleil disparaître à l’horizon sur les paysages gelés.

L’heure est venue de rejoindre mon hôte. Je suis très bien accueilli. Après avoir déposé tout mon matériel dans un coin du salon, nous buvons un premier thé, puis un deuxième en discutant de moi, de lui. Il s’appelle Jean-François Pages et il habite depuis 34 ans au Groenland.

Tout a débuté lorsqu’ il était jeune. Un ami à lui travaillait comme cuisinier au Groenland pour un des rares hôtels-restaurants de la capitale Nuuk. Cet hôtel-restaurant appartenait à une vieille Française qui accordait une importance particulière à la cuisine proposée à ses clients. Les cuisiniers étaient donc engagés en France. L’ami de François lui proposa alors de le rejoindre au Groenland pour travailler en cuisine durant l’Été. François accepta et resta alors 3 mois, 6 mois, 1 an, 2, 3 et enfin 34 ans.

On me prépare un bon repas chaud. Nous passons la soirée à discuter de la vie locale, du coût de la vie, des habitudes locales et d’anecdotes diverses et variées. Nous regardons ensuite un film français sur Netflix : Gibraltar. Cette soirée me donne l’occasion de visiter de l’intérieur une maison groenlandaise. La maison de François est commune et finalement semblable à celles que l’on peut avoir en France. Toutefois, les toilettes sont des toilettes sèches. Les murs du salon sont couverts du sol au plafond de DVDs en langue française (grands classiques, Belmondos, etc.).

Il est tard. Je me couche sur le canapé dans mon duvet trop chaud pour dormir à l’intérieur d’une maison mais très bien pour se réchauffer de ces quelques nuits de camping au Groenland.

23/10/2016 – 24/10/2016 – Iluliquoi ?

Me voici donc à Ilulissat au nord du Groenland. Le village n’est pas situé à l’extrême nord du pays mais au nord de la zone la plus habitée et habitable. Elle est donc communément qualifiée de ville du nord.

Ayant encore la journée du lendemain pour visiter le village, je décide de m’aventurer en dehors pour marcher un peu et trouver quelques points de vue sympathiques. En quittant le village au sud, on traverse le chenil. Ilulissat est la commune de la côte ouest à partir de laquelle on commence à utiliser de manière habituelle les chiens de tréneau. Ce chenil est en fait une large zone où beaucoup de familles groenlandaises possèdent une parcelle de terrain pour y loger leurs chiens.

Les luges sont utilisées pour transporter les enfants ou bien du matériel.


Ma balade se poursuit au sud du village. Je suis entouré de montagnes à perte de vue et je ne vois d’ailleurs plus Ilulissat. Le temps se gâte un peu et le ciel est couvert.

La neige commence à tomber. Le froid donne un effet collant à la neige et à la glace. J’ai la moustache qui se recouvre de neige. Cette neige gèle et forme des petites boules de glace autour des poils, ces dernières sont difficiles à enlever.

La météo se dégradant, je décide de faire demi-tour et retourne vers Ilulissat. La nuit tombe, le soleil n’est de toutes façons pas là pour donner un peu de sa chaleur. Je décide de prendre un hébergement car la nuit en tente serait pénible. L’hôtel Icefjord possède quelques studios de location au centre du village, c’est une solution moins chère que de prendre une chambre chez eux. Le trajet vers l’aéroport en voiture est inclus dans le prix de la nuit. Ce n’est pas un luxe car l’aéroport est localisé à 3km au nord du village.

Ce studio est équipé d’une télévision et c’est l’occasion de faire la découverte des programmes de télévision groenlandais mais aussi danois. Une kitchenette me permet de préparer de quoi manger plus facilement qu’à l’habitude.


Un nouveau jour se lève sur la planète Groenland. Me voilà fin prêt, chargé comme un âne comme à l’habitude, pour une visite de l’endroit. La rue commerçante est très petite.

Quelques boutiques de souvenirs arborent de beaux objets en vitrine différents de ce que l’on peut voir d’habitude dans ce genre de boutiques. Pas de tasse avec le logo de la ville, pas de vaisselle toute moche made in China ou de shooters avec un air de déjà vu. Les objets présentés sont fabriqués à partir des bois des rennes tués à la chasse. Je me rends à la fabrique qui fournit les boutiques de souvenirs. Cette dernière est localisée un peu plus bas dans le village. L’air ambiant y est chargé de poussière, on y rencontre les différents artisans qui travaillent et essayent de vendre à tout prix leurs créations.

Les rues se ressemblent. Les maisons sont très colorées comme à Nuuk ce qui contraste beaucoup avec la neige.

Les églises au Groenland ressemblent trait pour trait à celles que j’ai pu voir en Islande.

D’une manière générale, les maisons sont composées d’une structure en bois ou en métal fixée sur un socle et des poteaux en béton. La structure est ensuite recouverte d’isolation puis de planches en bois ou de tôles peintes. L’aspect final est plutôt sympathique même de près.

Après avoir fait plus ou moins le tour du village, je descends vers le port qui semble être un vrai petit port de pêche. Ce que je découvre est assez surprenant. Les bateaux de pêche semblent vieux et abîmés par le temps, les pêcheurs aussi… L’eau du port est gelée. Lorsque les bateaux naviguent, ils laissent apparaitre l’eau derrière eux qui regèle rapidement.

De manière générale sur la côte à Ilulissat, l’eau de la mer gèle. Cela forme des plaques de glace de quelques centimètres d’épaisseur.

Ce fut une journée marathon, une journée super, mais il est maintenant temps de retourner à Nuuk.

21/10/2016 – 23/10/2016 – Voyage en Mer de Baffin

Ça bouge à bord du Safarq Ittuk ! Ça tangue !

Rien de mieux qu’un petit déjeuner copieux pour fixer l’estomac. J’avais reservé deux petits déjeuners et un dîner pour tout le trajet. Mes vivres feront l’affaire pour le repas du midi.

Nous sommes toujours en route vers Ilulissat. Le voyage est incroyable, les paysages de la côte groenlandaise sont très beaux et très purs.

Nous faisons plusieurs escales dans les villages de la côte. Depuis le bateau, on assiste aux retrouvailles et aux adieux des familles groenlandaises dans la joie et les pleurs. Les voyages sont chers et longs du fait des conditions climatiques et de la taille du Groenland. Ainsi, les groenlandais les moins aisés ne voyagent que rarement.

L’heure est venue de dîner, assez tôt d’ailleurs. Un bon repas chaud bien assis dans la salle de vie/cafétéria me permet de faire passer une partie de la soirée. Un système de diffusion de films est disponible à bord. Je choisis de regarder « Intouchables », disponible dans la collection au milieu des films d’action américains.

Le bateau laisse derrière nous des paysages sublimes colorés par les différentes lumières du soleil le long de la journée.

Le soleil se couche sur l’Arctique…


– « Iceberg droit devant !!! »
– « Oh ta gueule René, c’est pas le moment de faire des blagues hein. »
– « Ok, m’en fous moi, j’dis ça j’dis rien. »

La raison de ce voyage en bateau prend tout son sens. Nous sommes entrés dans la baie de Disco, où est localisée la ville d’Ilulissat. Cette dernière est réputée pour son glacier, le glacier d’Ilulissat. C’est le glacier qui génère le plus d’icebergs au monde.

Certains icebergs sont monstrueux par leur taille. Lorsque l’on regarde les petits icebergs qui passent à côté du bateau, on voit très bien de haut la partie immergée colorée d’un bleu curieux. La base sous l’eau qui permet de faire tenir l’iceberg debout est bien plus large que la partie visible. On comprend alors tout de suite le léger incident subi par le Titanic quelques décennies auparavant.

Notre traversée de la baie de Disco touche à sa fin, nous allons accoster à Ilulissat.

21/10/2016 – Groenland, Nuuk

Bonjour ! Levé enfin à Nuuk. Le soleil montre son nez, il est 9h45. La nuit fut longue, les jours raccourcissent. Il fait un temps magnifique ce qui annonce une belle journée pour visiter cette immense capitale. :p

La nuit a été très froide. Je n’ai plus le thermomètre du tableau de bord de la voiture de loc’, je n’ai donc aucune idée de la température qu’il a fait pendant la nuit. En tous cas, il a fait clairement moins de zéro et il a neigé en prime.

L’air expiré pendant ma respiration a généré de la glace sur les parois internes de la tente et ma bouteille d’eau a gelé. J’avais pris le soin d’emmener une thermos, non pas pour garder le café chaud mais pour garder l’eau liquide.

J’étais équipé de mon sac de couchage spécifique aux températures très basses. J’ai dormi habillé avec mon manteau grand froid ainsi qu’un pantalon de ski. Le plus grand problème a été de réchauffer les pieds malgré plusieurs paires de chaussettes et un renfort intégré au sac de couchage destiné aux pieds.

Rien de meilleur qu’un repas chaud pour se remettre de cette expérience. C’est l’heure du déjeuner : Pâtes et cordons bleus au menu, avec fromage et dessert.

La vue magnifique sur la mer rappelle là où on vient de se réveilller. C’est magnifique… Et ça met en appétit !


C’est parti pour la balade. Tout mon matériel est démonté. Sur un relief non loin de mon camping improvisé se trouve une statue qui domine fièrement une partie de la ville. Je me doute bien de qui elle peut être l’effigie. Elle représente Hans Egede, fondateur de Nuuk.

Les Vikings ont colonisé le Groenland avant les Danois mais leur établissement à l’époque n’a pas perduré. Hans Egede s’est rendu au Groenland dans un but de conquête religieuse. Il n’a trouvé sur place que le peuple Inuit. Il a fondé Nuuk et a permis au Danemark de s’approprier le territoire. Il a ensuite dédié sa vie au Groenland par la création d’instances diverses et variées et par la traduction des textes chrétiens en Inuit.

Nuuk est une ville de 17 000 habitants. On y trouve toutes sortes de commerces. Il y a des voitures et quelques feux de signalisation. Il y a environ 5 ans, un centre commercial modeste a été contruit. Il y a des épiceries, un coiffeur, un garagiste, des magasins de vêtements, une école, une université, une banque, une poste, des restaurants, des hôtels, des entreprises de service danoises, des entreprises du bâtiment, des entreprises de logistique et de fret.

La ville s’est beaucoup modernisée depuis la banalisation des télécommunications et donc l’ouverture vers le monde. Une fibre optique relie le Groenland avec le Canada et l’Islande.

Après ces découvertes et la nuit tombant, je décide d’aller me réchauffer au Centre culturel de Nuuk, c’est un bâtiment très important pour la population. J’en parlerai plus précisément lors de mon retour à Nuuk. Mon retour ? Oui en effet, ce soir je ne campe pas et prend le bateau pour me rendre bien plus au Nord, à Ilulissat.

Après cette pause au chaud et l’heure venue, je descends vers le port pour emprunter un bateau de passager qui relie plusieurs villages de la côte ouest groenlandaise. TUUUUUUUUUUT ! J’embarque sur le Safarq Ittuk !

Voici ma couchette pour le voyage qui durera 40 heures.

20/10/2016 – Arctique, me voilà !

C’est le grand jour. Le temps s’est calmé. Direction l’aéroport de Reykjavik pour un vol vers l’inconnu. Après avoir téléphoné à la compagnie, il s’avère que mon vol décolle du terminal des vols domestiques, pas très logique. La compagnie a affrété un petit avion à hélices ce qui n’est plus très habituel de nos jours. Le nombre de passagers vers le Groenland est tellement faible que l’utilisation de jets n’est pas justifiée.

Installé confortablement à l’avant de l’avion, le message d’accueil en provenance du cockpit est diffusé : « Ladies & gentlemen, bienvenue à bord de ce vol Air Iceland NY2407 à destination d’un pays lointain où les gens n’ont plus de doigt de pied, où les phoques sont souvent dans l’assiette et où les ours polaires courent derrière les petits enfants. Nous vous souhaitons un agréable voyage. »


Après quelques heures de vol au dessus des nuages, nous descendons et j’aperçois la côte ouest groenlandaise sous mes pieds, c’est majestueux. Beaucoup d’émotions que de voir pour le première fois cette terre semblant si inaccessible. Tout est blanc.

Nous avons atterri à Nuuk, capitale du Groenland. Je foule pour la première fois le sol du pays le plus proche du pôle Nord.

L’aéroport international de Nuuk n’est pas si petit. Les différents villages du Groenland ne sont pas reliés par la route car séparés de centaines de kilomètres de montagnes enneigées. C’est donc par la mer et les airs que tout est transporté. Cela nécessite un minimum d’infrastructures.

Je m’attendais à voir encore de la pelouse à cette période de l’année et comptais dessus pour planter ma tente. Ce n’est pas le cas. Après une heure et demie de marche chargé comme un âne, j’arrive dans le centre-ville de Nuuk. Les groenlandais promènent leurs chiens, les enfants jouent dans la neige, la vie est bien présente. Les quartiers d’habitation sont perchés en haut des petites montagnes qui bordent la ville.

Au programme :

  • Visite de la ville
  • Approvisionnement en carburant pour cuisiner
  • Approvisionnement en nourriture pour manger
  • Recherche d’un endroit pour piquer sa tente

Il est l’heure d’installer son campement pour la nuit. Il est 17h00, le soleil se couche, la température descend. Je plante ma tente sur un chemin d’accès à une maison, près de la mer mais à l’abri du vent. La nuit va être longue…

19/10/2016 – Journée pas de chance

Dernière nuit en Islande avant le départ vers le grand Nord ? Levé dans la tente sous la pluie et le ciel gris.

Après avoir ramassé toutes mes affaires, je prends une douche très appréciable. J’avais pris la dernière le 15/10/2016 au Blue Lagoon. Ça n’empêche pas la toilette, mais c’est quand même plus simple. Je profite de la cuisine mise à disposition pour manger copieusement en finissant les restes. Le repas se solde par un bon café.

Le retour vers Reykjavik depuis Kirkjubæjarklaustur est d’une durée approximative de 3 heures. Durant le retour sur la côte sud pour rejoindre la capitale, je comptais m’arrêter au niveau des îles Vestmann afin de les apercevoir depuis la côte. Ces îles sont habitées et une liaison par ferry les relie à la terre.

Malheureusement, une tempête s’est levée. Il m’est impossible de voir les montagnes qui longent la route et donc encore moins les îles. C’est donc résigné que je roule vers Reykjavik. Le vent et la pluie s’intensifient. Les voitures ralentissent. Je chasse sur le côté à chaque bourrasque et ne vois pas grand chose. La conduite est difficile et dangereuse.

J’arrive finalement à Reykjavik pile à l’heure pour rendre la voiture à l’agence Blue Car Rental. Le temps prévu pour les visites finalement non réalisables a finalement servi à compenser le temps de route rallongé.

Si le mauvais temps n’est pas une réussite pour la conduite automobile, il ne l’est pas non plus pour le trafic aérien. Ce que je redoutais un peu est arrivé, j’ai reçu un SMS de Air Iceland qui m’a informé de l’annulation de mon vol et de son report à demain matin le 20/10/2016. Je prendrai donc le vol NY2407 de 11h30. Ce n’est finalement pas un mal car me voilà surclassé dans un vol de jour. Cela m’évitera l’arrivée de nuit au Groenland.

Me voilà donc touriste à Reykjavik pour la soirée. J’ai réservé une couchette dans une auberge de jeunesse très sympathique qui comprend un grand salon, un bar ambiancé et un restaurant. Je pense que je réserverai dans cette auberge de jeunesse à mon retour en Islande. Je réserve les photos pour ce moment-là. L’accueil est chaleureux dans la chambre, un jeune Américain me propose la couchette au dessus de la sienne, que je prends. Tout mon matériel laissé à l’hôtel, je sors manger dans le centre-ville très animé de Reykjavik.

Le saviez-vous ?

À défaut de superbes photos, j’ai décidé de présenter quelques faits surprenants et intéressants à propos de l’Islande.

Point défense

L’Islande ne possède pas d’armée. Seuls quelques gardes-côtes sont chargés de la surveillance des eaux islandaises surtout pour les zones de pêche. Du fait de sa position géographique, elle a toujours été à l’abri des guerres européennes. L’Islande a profité tout de même d’un accord jusqu’en 2006 avec les États-Unis d’Amérique daté de la Guerre froide pour une protection militaire de leur part en cas d’attaque. Quelques éléments paramilitaires islandais ont tout de même participé à des opérations de l’OTAN.

La police standard islandaise ne porte pas d’arme à feu. La délinquance est rare et le crime quasiment inexistant.

Point fast-food

La société McDonald’s a implanté son premier restaurant en Islande en 1993. La politique du groupe McDonald’s a imposé alors l’importation des produits de confection des sandwichs depuis l’Allemagne. En 2008 à cause de la crise économique et la dévaluation de la couronne islandaise, les coûts d’importation pour McDonald’s en Islande sont devenus très élevés au point de rendre les deux établissements déficitaires. La société possédant les deux restaurants a alors décidé de fermer boutique et de rouvrir sous une enseigne locale avec des produits locaux.

Le dernier menu McDonald’s d’Islande a été acheté par un certain Hjörtur Smárason en fin de soirée le 31 octobre 2009. Ce dernier ne l’a pas mangé et l’a conservé pour le souvenir. Ce menu McDonald’s a été depuis déplacé au musée national puis à l’hôtel Bus Hostel de Reykjavik où il est exposé actuellement. Le der’ des der’ est visible en direct vidéo ici.

Point alcool

La bière a été interdite en Islande jusqu’en 1989. Toute cette histoire a commencé au début du siècle dernier lorsque le peuple islandais a voté par référendum en 1908 pour l’interdiction pure et simple de l’alcool. La loi fut mise en application en 1915. L’Espagne ne pouvant plus exporter ses vins en Islande, décida de cesser en 1921 d’importer le poisson islandais en représailles. L’Islande assouplit alors rapidement sa législation pour n’autoriser que les vins espagnols à être importés, vendus et consommés. En 1935, la législation islandaise fut assouplie de nouveau pour n’autoriser que les alcools forts en plus du vin. La bière, alcool léger et peu cher, n’a pas été autorisée pour éviter la consommation en grande quantité et donc les abus. En 1989, la bière fut finalement autorisée en Islande et la journée du 1er mars est devenue la journée de la bière.

À partir de 1935, les alcools avec un taux d’alcool ne dépassant pas la législation (2,25%) ont été autorisés en plus des alcools forts. Les bars ont alors inventé une boisson similaire à la bière classique en mixant de la bière à 2,25% et de la vodka pour atteindre un taux d’alcool supérieur. C’est le revers de la médaille.

Aujourd’hui, les magasins islandais ne vendent toujours pas de bière avec un taux supérieur à 2,25%. Les bars & hôtels ne sont pas concernés par cette « règle ». La vraie bière et les autres alcools peuvent être achetés auprès d’une chaine de magasins appelée Vínbúðin. Cette chaine est contrôlée par l’État islandais et possède des boutiques dans tous les coins du pays.

18/10/2016 – Côte sud

Le soleil est haut dans le ciel. Heu non, le soleil n’est jamais haut dans le ciel. Les journées sont donc courtes avec une allure constante de fin de journée. En tous cas, après une nuit un peu pluvieuse, c’est un réveil sous les rayons du soleil qui réchauffent en sortant de la tente.

Ce matin je me rends sur une plage de sable noir typique des terres volcaniques. Cette plage est située juste avant Vík et je reviens donc sur mes pas. Ce sera l’occasion d’un petit déjeuner au bord de la mer.

Le décor fait penser aux plages de Normandie avec Étretat et ses falaises mais tout en noir ! En bout de plage, on aperçoit des rochers isolés dans l’eau en forme de pique, les Reynisdrangar. Une histoire fantastique symbolise leur présence. Il y a très longtemps, un trois-mâts fut échoué ici et deux trolls essayèrent de le ramener sur la plage avant le lever du soleil, en vain. Ils furent alors pétrifiés au petit matin par les premiers rayons du soleil.

La plage fait face à un gigantesque falaise, Reynisfjall. Des curiosités géologiques décorent le bas de la falaise dans des cavernes ou directement sur la plage. Certaines de ces colonnes de pierre sont à la bonne hauteur pour s’asseoir et contempler la mer.

Les vagues de cette plage sont extrêmement puissantes et surprenantes parfois au point d’en devenir dangereuses. Ces dernières sont puissantes et montent très haut. La baignade et la promenade les pieds dans l’eau sont interdites par mesure de précaution. Des accidents ont déjà eu lieu ces dernières années.

Après cette bonne bouffée d’oxygène, je continue ma route vers l’Est. Au bord de la route, on aperçoit des dizaines de monticules de pierres qui attisent ma curiosité. L’emplacement correspond à une ancienne ferme aujourd’hui disparue dont les habitants avaient pour habitude de proposer aux voyageurs de construire un petit tas de pierre. Le but de ces petites constructions était de porter chance à leurs constructeurs pendant leur trajet.

L’heure avance, il est temps de se diriger vers la dernière étape de la journée. Cette dernière visite sera le grand final de notre découverte de la côte sud. Voici ci-dessous le canyon Fjaðrárgljúfur. Cette première photo n’est pas de moi et est en faite celle du panneau de présentation du lieu.

Trois rivières majeures se rejoignent en amont de ce canyon. La puissance développée par ces trois rivières ont conduit dans le passé à former ce canyon. À certains endroits, la profondeur de l’eau du canyon atteint les 80 mètres. Le lieu est incroyable.

La photographie de cette chute me fait penser à notre histoire des jeunes bergers de la rivière Hvítá. C’est alors que le garçon las de la solitude et désireux de rencontrer la jeune femme, il décida de traverser la rivière malgré les on-dit. Non sans difficulté, le jeune homme arriva finalement sur la berge opposée. La jeune fille épousa finalement le courageux garçon. Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. xD

La journée se termine et la nuit tombe. Je termine ma route dans un village non loin du canyon Fjaðrárgljúfur, le village de Kirkjubæjarklaustur. Pour ma dernière soirée dans la campagne islandaise, je m’offre un repas chaud dans le seul restaurant du village. Spécialité islandaise ! Ou pas, ce soir c’est pizza.

Il est désormais temps d’aller trouver un endroit où dormir. En sillonnant les routes du village, je finis par tomber sur une ferme qui propose sa pelouse pour quelques couronnes. Je discute avec le fermier qui n’a pas été surpris de me voir arriver. Il met à disposition des toilettes, des douches ainsi que des prises électriques. Ce sera parfait pour recharger appareil photo et autres et prendre une bonne douche avant de d’aller afronter le grand Nord demain.